vendredi 5 avril 2013

Mariam Al-Ijliya, mathématicienne

Piqué sur un blog (à la suite d'une info d'Hypathie) :

Astrolabe

Salam alaikoum,
Je me suis intéressée cette fois-ci à une femme qui a vécu au 10ème siècle et qui a marqué son époque par sa contribution dans le domaine de l’astronomie: Mariam “Al-Astrolabiya” Al-’Ijliya.
Mariam fabriquait des astrolabes. L’astrolabe est un instrument qui permet de représenter le mouvement des astres sur la voûte céleste mais aussi de calculer l’heure.
LivresD’après ce que j’ai pu lire, elle n’est mentionnée qu’une seule fois dans les archives historiques de la civilisation musulmane. Cette mention, on la doit à un érudit et un bibliographe, Ibn Al- Nadim qui est l’auteur du Kitab al-Fihrist, le premier index complet qui recense l’ensemble des livres écrits en langue arabe jusqu'au 10e siècle.
Mariam “Al-Astrolabiya” est citée dans la section VII.2 du livre qui présente des informations concernant les mathématiciens, ingénieurs, fabricants d’instruments…etc. Al-Nadim y répertorie alors une liste de 16 noms de personnes dont “Al-’Ijli al Astrulabi” et sa fille Al-Astrolabiya.

Mariam Al-’Ijliya est issue de la tribu des Banu ‘Ijl qui elle même fait partie de la tribu des Banu Bakr qui a donné son nom à la région de Diyarbakir, une ville du sud-est de la Turquie.Alep
Mariam Al-Ijliya vient d’une famille d’ingénieurs et de fabricants d’instruments qui a prospéré entre le 9ème et 10 ème siècle. Comme son père et de nombreux ingénieurs, elle a été l’élève d’un certains Bitolus, qui était un fabricant d’astrolabes très connu. Elle a exercé son métier à la cour du Khalif Abbaside Sayf al-Dawla qui a régné de 944 à 967 à Alep.

Malheureusement, il n’y a pas assez d’écrits sur la vie de Mariam Al-’Ijlya. J’aurais tellement voulu connaître les obstacles qui ont parcouru sa route, comment est-ce qu’elle est arrivée à exercer son métier à la cour? Et surtout, comment est-ce qu’elle a géré le défi d’être la seule femme ingénieure de son époque. De ce que j’ai pu trouver, je peux simplement m’imaginer qu’elle devait avoir une forte volonté. Je reste donc sur ma faim. J’ai voulu écrire sur elle malgré le peu d’informations parce que son métier et son domaine de compétence sont jusqu’à aujourd’hui dominés par les hommes. J’ai donc trouvé très intéressant de savoir que dans l’histoire de la civilisation musulmane, une femme (et une seule d’après les archives) a réussi cet exploit de marquer son époque par ses compétences d’ingénieurs.





(Sur un autre blog l'astrolabe est comparé à un GPS :)

Mariam « Al-Astrolabiya » Al-Ijliya vécu au Xe siècle à Alep, en Syrie et était une célèbre scientifique qui a conçu et construit des astrolabes. Le père de Mariam était apprenti chez un célèbre fabricant d’astrolabes à Bagdad et elle devint à son tour son élève. Ses dessins faits à la main était si complexes et innovants qu’elle fut employée par le gouverneur de la ville, Sayf Al Dawla, à partir de 944   jusqu’à 967 après JC. Elle marqua l’histoire pour ses créations de génie (bien qu’il existe peu d’écrits sur sa vie ou ses travaux)  et son surnom A-Astrolabiya lui a été attribué car elle fut la seule femme à servir cette profession.
astrolabe4
Les astrolabes étaient des instruments permettant de représenter le mouvement des astres sur la voûte céleste et donc de déterminer les positions du soleil et des planètes, de sorte qu’ils ont été utilisés dans les domaines de l’astronomie et de l’astrologie. Ils ont également été utilisés pour indiquer l’heure mais également dans la navigation pour trouver la latitude et la longitude.
Très utile également pour trouver la qibla, et pour déterminer les heures de prière ou le nombre de jours des mois lunaires, un astrolabe était fondamentalement un GPS-smartphone médiéval ! Très esthétique, cet objet était un véritable bijoux de technologie en son temps.

13 commentaires:

  1. Ah enfin, on en parle ! Il y a un an j'ai tenté d'amasser de la doc sur elle pour en faire un billet sur mon blog à la suite d'un article publié sur http://www.ecogreen4us.com/ un site américain qui lui attribuait l'invention de l'astrolabe, carrément, et auquel je suis abonnée sur Twitter ! J'en avais même fait un tweet
    https://twitter.com/HypathieBlog/statuses/206436046773293057
    auquel avait répondu une jeune algérienne parmi mes abonnées qui le savait parce qu'elle l'avait appris à l'école. Je m'étais donc constitué un dossier de liens. Depuis, ces liens que j'avais thésaurisés vers cette mathématicienne illustre disparaissent les uns derrière les autres, si bien que je ne suis JAMAIS arrivée à faire ce billet ! J'ai même eu des conversations sur Twitter à son sujet avec des égyptiens et des saoudiens (en anglais) à son propos tellement j'y tenais à ce billet ; il faudrait en fait lire et comprendre l'arabe pour en trouver un (tout petit peu) plus sur elle. Mais ma mésaventure illustre quand même très bien la façon dont tous ces hommes nous effacent littéralement de la toile et de l'histoire. Vécue pour ma part :(((

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    1. Oui, rien de cela ne m'étonne. Pour exemple : on sait qu'au 16e siècle, des poèmes de femmes atterrissaient dans des recueils de poèmes masculins comme ceux de Clément Marot. Il y a encore 20 ans, le nom de ces femmes était précisé, on savait donc que ce n'était pas des poèmes de Marot lui-même. Dans la toute dernière édition de Flammarion, terminé. Tous les poèmes sont censés être de Marot, maintenant. Voilà comment, entre autres, les femmes disparaissent.
      Le web pratique le même boulot d'effacement que l'édition papier.

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  2. Passionnant ! Une femme en pays arabe qui fait des études c'est déjà une rareté mais sa participation à cette aventure que furent les mathématiques et les techniques c'est extraordinaire
    Dommage dommage de ne pas arriver à en savoir plus mais peut être ton billet va t-il réveiller des détenteurs de savoir :-)

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    1. Peut-être en saurais-je plus bientôt. Je compte sur une historienne de langue arabe pour me renseigner prochainement. Alors ce billet n'est peut-être qu'un amuse-gueule sur la question, qui sait ? ;)

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  3. Je me demande à quel point il n'y en a eu qu'une seule. Comme ces femmes peintres dont vous nous apprenez l'existence et dont plusieurs tableaux sont signés par des hommes de leur entourage. Pareil pour Hypathie d'Alexandrie, ce n'est pas parce qu'elle fut la seule connue pour avoir enseigné ouvertement comme le faisait les hommes, qu'il n'y en a pas eu d'autres dont on ne connaîtra jamais le nom.

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    1. D'accord avec Anonyme. Les femmes déterrées par Euterpe ne sont que la partie immergée de l'iceberg. Quand on voit tous les efforts que font les hommes pour minimiser voire dénigrer les travaux des femmes et effacer leurs noms de l'Histoire, on est en droit de soupçonner qu'elles sont nombreuses à avoir totalement disparu dans les méandres de l'oubli.

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    2. Parfaitement d'accord. Celles qui parviennent jusqu'à nous sont les rares noyées remontées à la surface.
      Quant à Alexandrie, on se rappelle qu'il s'y trouvait une grande bibliothèque qui a été brûlée par les mêmes, il me semble, ayant assassinés Hypathie. Je me demande combien de savantes sont parties en fumée dans cette histoire.

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  4. Une personnalité à mieux faire connaître, par exemple en l'ajoutant à la liste de femmes scientifiques sur Wikipedia. Bon week-end, Euterpe.

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    1. J'interviens le moins possible sur Wikipédia parce que mes modifications finissent tôt ou tard par disparaître. C'est frustrant. Ici personne ne peut rien modifier à part moi. Mais j'espère des fois que d'autres vont le faire grâce à mes billets !;)
      Bonne soirée à toi, Tania :)

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  5. Très intéressant et, oui, il nous faudrait peut-être un(e) arabisant pour trouver, lire et traduire de plus amples détails!
    Beau week-end!

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    1. Je ne perds pas espoir.
      Pour le week-end, eh bien la neige tend à disparaître maintenant. Il paraît qu'à partir de mardi, il ne gèlera plus la nuit.
      Bonne soirée Colo !

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  6. Très intéressant ! C'est une belle histoire. Merci.

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